Dans un monde où tout s’accélère, où la performance semble être devenue le nouveau langage de la réussite, certains choix éducatifs résonnent comme des actes de résistance douce. Ils sont parfois incompris, souvent questionnés, mais profondément porteurs de sens. Parmi eux, celui d’offrir le temps aux enfants occupe une place singulière.
Dans les écoles Steiner, les enfants font leur entrée à l’école primaire l’année de leurs sept ans. Un an plus tard que dans l’éducation nationale, certes, mais surtout au moment où leur maturité corporelle, émotionnelle et imaginaire leur permet d’accueillir l’apprentissage comme une aventure intérieure.
À cet âge, l’enfant vit encore dans le souffle chaud de la petite enfance. Il est entièrement ouvert aux images, habité par la force du jeu, du récit, du geste. C’est par cette voie sensible que commencent les apprentissages académiques : la découverte des lettres et des chiffres naît de contes, de formes dessinées, de rencontres poétiques. Tout se construit lentement, organiquement, avec respect.